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Le coût budgétaire du vieillissement se réduit légèrement à l'horizon 2060

Selon le dernier Rapport annuel du Comité d’étude sur le vieillissement (CEV), le coût budgétaire du vieillissement – soit la variation de l’ensemble des dépenses sociales en pourcentage du PIB sur une période donnée – s’élève à 5,6% du PIB entre 2010 et 2060.

Cela représente 0,5% point de pourcentage en moins par rapport au coût projeté dans le rapport précédent pour la même période en raison principalement des nouvelles perspectives de population. Selon ces dernières, l’accroissement soutenu de la population active et de l’emploi induirait une croissance économique forte qui permettrait de réduire globalement le poids des prestations sociales exprimé en pourcentage du PIB.

Une hausse de productivité via un relèvement de l’âge effectif du retrait du marché du travail pourrait diminuer le coût du vieillissement mais elle ne pourrait pas le neutraliser pour autant. Augmenter la condition de carrière nécessaire afin de pouvoir bénéficier anticipativement d’une pension de retraite ou d’une prépension (actuellement à 35 ans pour les travailleurs salariés et indépendants)  de 5 ans dès 2017 aurait ainsi un impact marginal, diminuant le coût de 0,1 point de pourcentage.

Par rapport aux prévisions réalisées dans le premier rapport du CEV en 2000, le coût budgétaire du vieillissement observé aujourd’hui correspond au coût estimé pour 2030 lors du premier rapport. Il en ressort que les projections à long terme sont incertaines et que la crise financière et économique nous ont projetés 20 ans en avant. La question du coût budgétaire du vieillissement se pose dès lors aujourd’hui de manière d’autant plus aigüe.

Le rapport épingle également un grand risque de pauvreté pour les bénéficiaires d’une pension. En 2009, 17,8% d’entre eux avaient un revenu disponible qui n’atteignait pas le seuil de pauvreté (966 € pour un isolé). Ce pourcentage est cependant en diminution depuis 2006 en raison notamment de l’augmentation des pensions minimums, du droit minimum par année de carrière et de la forte revalorisation de la garantie de revenu aux personnes âgées (GRAPA). Par ailleurs, si l’on tient compte du fait que de nombreux retraités sont propriétaires de leur logement, ce pourcentage tombe à 11,8%.

A long terme, le rapport montre une baisse sensible du risque de pauvreté chez les pensionnés à l’horizon 2030 (en raison des mesures de revalorisation dans un contexte de stagnation du revenu disponible réel par habitant en début de période et de pensions féminines plus élevées en raison de la progression du taux d’activité féminin) ; une stabilisation entre 2030 et 2050 ; et finalement, une légère augmentation en fin de période (les salaires augmentant proportionnellement plus que la GRAPA).

Leila Maron

   Dernière modification: 11/08/2011


  
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