
Le 10 décembre dernier, l'Union Nationale des Mutualités Socialistes et Solidarité Socialiste organisaient à Bruxelles une rencontre internationale intitulée " Les mutuelles de santé, actrices de changement social au Nord et au Sud ? ". Une belle occasion d'aborder, avec nos amis Africains, un certain nombre de questions relatives à l'accès aux soins de santé.
Un mot, tout d'abord, de Solidarité Socialiste. Créée en 1963 par l'Action Commune Socialiste (syndicat, mutualité, coopératives, parti), cette organisation non-gouvernementale (ONG) a pour but de contribuer au développement d'un monde plus juste et plus démocratique. C'est à ce titre qu'elle s'intéresse et est fortement impliquée dans la problématique d'accès aux soins de santé en Afrique.
 |
L'accès aux soins de santé n'est pas qu'une question technique. Selon un rapport récent de l'OMS, le plus grand fléau au niveau mondial est l'injustice sociale. Pas la malaria. Pas la tuberculose. Pas le sida. L'injustice sociale !
Cela signifie qu'il existe un lien direct entre la situation socioéconomique des individus et leur état de santé. Et donc leur espérance de vie.
|
En Belgique, nous avons la chance de disposer d'un des systèmes de soins de santé les meilleurs au monde. Basé sur la solidarité, il garantit à chacune et chacun d'entre nous l'accès à des soins de santé de qualité.
La solidarité, exportable ?
Si la solidarité peut être considérée comme le socle de toute action sociale, elle est, en Europe comme partout dans le monde, menacée. Menacée par les intérêts de certains grands groupes dont la seule mission est de générer un maximum de profits et qui n'ont que faire des intérêts de la collectivité.
Dans les pays du Sud, où le secteur public a peu de moyens, le modèle des mutuelles est présenté comme une alternative, faisant appel à une démarche de solidarité des adhérents. Mais ce modèle, venu du Nord, est-il adapté ?
Alain Coheur, Directeur des Relations Européennes et Internationales, répond à la question :
"La mutualité belge n'est pas exportable car elle est le produit de notre histoire et de la place que nous occupons dans notre système de santé mais le modèle mutualiste est lui bien exportable et je dirais même à une portée universelle. Cependant, il me revient de faire quelques réflexions sur l'avenir des mutualités en Afrique en soulignant des obstacles fondamentaux qui entravent son essor :
la question de la pauvreté de la majeure partie de la population. Pour mettre en place une mutuelle, il faut que la population ait un minimum de ressources. Quand les personnes n'ont pas ces ressources, la mutualité a toutes les peines du monde à fonctionner et à intervenir;
l'indispensable intervention des pouvoirs publics qui doivent répondre à la question précédente en prenant leur responsabilité non seulement en intervenant par des mécanismes de subventionnement des mutuelles mais aussi en ayant la volonté et les moyens d'activer une politique de santé publique dans laquelle les mutuelles seraient des partenaires efficaces;
l'amélioration de la qualité des soins qui est indispensable et dans la majorité des cas de la compétence des pouvoirs publics car la mutualité ne peut relever le défis de l'accès aux soins si par ailleurs ceux sont de mauvaise qualité... ".